Marche arrière : La Maybach 57 - Auto titre
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Marche arrière : La Maybach 57
Autotitre le dim 7 nov 2021 à 13:49

Jetstream.
Par Arnaud A. pour Autotitre.com

Maybach, aujourd'hui, c'est une finition sur les Mercedes Classe S, une sorte de droit à dépenser plus lorsque l'on achète "la meilleure voiture du monde".

Mais ça n'a pas toujours été le cas.

Wilhelm Maybach travaille d'abord avec Dottlieb Daimler, notamment sur le développement et la fabrication des moteurs thermiques. Après une dispute avec son collègue, il se dirige vers l'entreprise de Ferdinand von Zeppelin, et développe des moteurs Maybach pour les gros dirigeables.

Et autant dire qu'il démarre fort, avec un 6 cylindres de 22 litres de cylindrée, développant 210cv, et produit à un peu plus de 2000 exemplaires! A la fin de la première guerre mondiale, le traité de Versailles interdit à l'Allemagne de produire des dirigeables.

Maybach se tourne vers l'automobile, et lance la Maybach Motorenbau, dont la W1 est le premier modèle, suivie par la W3 6 cylindres en 1922.

En 1928, il lance les modèles Zeppelin, panthéon de l'automobile de luxe, équipés de moteur V12!

Il décède en 1929, et n'aura pas le temps de voir que sa production s'accélère, pour atteindre 1800 exemplaires, dont près de 200 Zeppelin V12.

Karl Maybach reprend le flambeau, son fils, et se met à fournir des moteurs pour les chars Panzer durant la seconde guerre mondiale. Cette arme de destruction massive était connue pour sa taille, et son incroyable vélocité. Et pour cause, Maybach fournissait des V12 de 24 litres de cylindrée, et 700cv!

La fin de la guerre mettra un stop au développement du Maybach HL234, un V12 atteignant les 900cv.

Une entreprise qui a collaboré à ce point avec les allemands ne pouvait pas se relever après la guerre. Maybach deviendra MTU Friedrichshafen une sous division de Daimler, spécialisée dans la fabrication de moteurs, revendue à un fonds d'investissement en 2006, et, comble de l'ironie, rachetée encore une fois par...Rolls Royce, en 2014.

Mais on s'égare.

Mercedes a gardé le nom de Maybach, et décide que la Mercedes Classe S W220 de 1998 sera le point de départ d'une nouvelle aventure pour la marque d'hyperluxe.

Un concept car Maybach est présenté en 1997, tandis que la Maybach Manufaktur est fondée en 2002, afin de produire les Maybach 57 et 62.



Le but non avoué était de répondre au Rolls Royce de BMW, en proposant des autos capables de répondre à toutes les demandes de clients triés sur le volet, pouvant mettre 375000€ en prix de base.

Et c'est bien là que le bat blesse.

Juillet 2002, Maybach présente sa berline de luxe au salon de New York, et c'est presque une douche froide.

La fiche technique est folle, Moteur "type 12" de 550 chevaux et 900Nm (!), associé à une boîte automatique à 5 rapports, des équipements technologiques à la pointe, des gadgets à foison, double climatisation, télévision, lecteur dvd, frigo, téléphone sans fil, du cuir, du bois. Oui mais voilà, la filiation avec la Mercedes classe S600 est bien trop visible, le poste de conduite est repris tel quel, la console centrale est la même, juste un peu plus boisée, moteur et boîte en sont issus, et l'auto coute 150000€ de plus que la Classe S.

Une Classe S sortie il y a 4 ans, en 1998, et la présentation s'en ressent. Les compteurs et GPS accusent le poids des années, d'autant plus avec une Série 7 E65 décriée en matière de style, mais qui met un coup de vieux à la S, et donc à la Maybach, en matière d'infotainment.

Faisons le tour de notre Maybach.

Ici, une 57 de 2004, "de base", dans un joli bleu métallisé, et équipée des jantes de 19 pouces de série.



L'auto est élégante, longue, (5m70 pour cette Maybach "courte") large, plutôt basse face aux autos d'aujourd'hui, et cache finalement assez bien ses dimensions dantesques.

L'arrière est la partie la plus personnelle de cette auto, et sera en partie reprise par la classe S de... 2005, la meilleure ennemie de la Maybach.

A l'intérieur, encore une fois, on rentre dans quelque chose d'exceptionnel mais il y a un mais.

Le cuir est exceptionnel au toucher. La douceur, l'épaisseur des peaux, le confort de l'assise sont dans le haut du panier. Mais sans dépasser l'expérience Classe S, et sans atteindre l'excellence d'un siège de Rolls Royce.

Les boiseries sont qualitatives, et sont parfois coupées d'un fil d'argent pour assurer une différence avec la roturière berline dont elle découle.

Et puis, on commence à toucher aux boutons. En plastique noir, dur. Dur, dans une auto à plus de 300000€.



Pire, sur ce modèle de base, la profusion de bois, notamment les touches du volant, donne plutôt une impression de kit bon marché, un peu comme les pires réalisations Carat Duchatelet dans les années 80.

A l'arrière, on notera la spécificité Maybach, les trois compteurs au plafonnier, affichant la vitesse, l'heure et la température. L'espace habitable est fou, avec cet empattement allongé, cuir et moquettes donnent envie de s'y lover, et les sièges sont réglables dans toutes les directions. Il fait bon être à l'arrière de cet engin spécial.



Revenons au volant. Démarrage, sans clé, le V12 de 5.5 litres s'ébroue plutôt timidement, mais on l'entend tout de même lorsque le cold start est actif. Aucune vibration dans l'habitacle, on ne ressent même pas le couple de renversement de ce gros V12.

Le régime retombe jusqu'à rendre cette cathédrale mécanique totalement silencieuse. Boîte sur D, les 2700 kilos s'arrachent sans forcer.

Aucun bruit parasite, on a presque l'impression d'être dans une auto électrique. Les passages de rapport se font autour de 1000 tours, et sont imperceptibles.

L'expression tapis volant prend tout son sens ici. La suspension Airmatic DC gomme la quasi totalité des défauts de la route, tandis que les sièges actifs s'occupent des rares remontées désagréables qui percent cette première défense.

Le volant a forcément le défaut des Mercedes des années 90. Trop grand, avec une direction démultipliée, il tient plus de la barre de bateau que du volant comme on l'entend.

Bien sur, une limousine de 2700 kilos n'est pas une GTI. Mais quand on aime ça, et qu'on dispose du moteur le plus puissant et coupleux jamais monté dans une berline de série (à l'époque), on ne peut que tenter de faire chanter ce monstre mécanique.

Kickdown, plutôt lent, sans doute pour ne pas brusquer les VIP de la banquette arrière, mais doux, et voilà le moteur qui prend des tours, avec les deux turbines qui crachent dans ses bronches, pour développer 550 chevaux à 5250 tours, et 900Nm de 2200 tours à 3000 tours (!).



Le 80 à 120 s'effectue en 3 secondes, un temps excellent compte tenu de la relative lenteur de la boîte, et du poids pantagruélique de l'auto. Pas moins de 2800 kilos avec le plein et un chauffeur.

Le 0 à 100 s'abat en 5.5 secondes, le kilomètre départ arrêté en moins de 25 secondes (!) et la vitesse de pointe est bridée à 275 km/h (pour plus de 300 sans la bride).

Des chiffres de sportive, mais sans réelle sportivité.

Cette auto déploie une force infernale lorsqu'il s'agit de doubler, de s'arracher d'un feu, ou de rouler à des vitesses largement répréhensibles, mais ne comptez pas la bousculer si ça tourne.

Au premier virage pris un peu vite, les pneus hurleront à la mort, la suspension augmentera la fermeté juste assez pour éviter l'effet 2CV, mais pas assez pour annihiler un roulis capable de donner le mal de mer, et surtout, la direction sera incapable de vous informer sur la torture des pneus avants.

Si la boîte ne suit pas réellement le rythme d'une route sinueuse, ce n'est pas grave, il pourrait encore n'y avoir que deux rapports que le moteur s'en sortirait sans peine.

La peine, elle vient plutôt du son, absent, ou alors simple souffle accompagnant la montée en régime. Mais c'est normal.

La vraie bonne surprise vient du freinage. Je n'aimerais pas être à la place des disques, qui semblent accepter une torture permanente sans réellement lâcher prise. Les disques font 380mm à l'avant et sont pincés par des étriers 4 pistons, tandis que l'arrière affiche 35.5cm et dispose de pinces à 2 pistons.

On arrête assez vite la séance de torture pour reprendre le réseau routier longiligne, et profiter de l'ambiance intérieure.

La sérénité règne à bord, les bruits d'air sont absents, l'amortissement est hyper prévenant, et seule la consommation sera un frein à dévorer le ruban gris sans faim.

Le V12 dans sa norme €4 boit, comme un trou. Pour deux raisons. Parce qu'il meut une enclume d'un peu moins de 3 tonnes, et parce qu'il est terriblement grisant de mettre des pleines charges sur les mi régimes pour effacer tout ce qui roule. Ne jamais compter moins de 16 litres/100.



Vous voyez l'effet lumineux avec les longues lignes blanches lorsque l'Entreprise passe en vitesse lumière? C'est pareil ici.

Vous êtes à 90, vous écrasez l'accélérateur, vous pouvez perdre votre permis en quelques secondes, tout en sachant que la moitié de ce temps a juste permis à la boîte de rétrograder.

Il est temps de garer l'auto, facilement malgré la taille, et de comprendre pourquoi l'aventure Maybach a été un échec.

Tout d'abord, posons les bases: Rolls Royce est intouchable. La marque vit en dehors du marché, loin des gadgets et des modes, en ne pensant qu'à l'expérience de luxe et de confort à bord.

Chez les allemandes, plus roturières, il y a forcément une part d'esbroufe. Dans le style, et dans les technologies embarquées. Ce fut la première erreur de la Maybach. Elle ne proposait rien qui n'existait déjà.

Pire, elle ne propose finalement rien de plus qu'une Classe S600, tout en coûtant deux fois le prix. Et le simple fait de s'appeler Maybach n'a pas suffit. Ça ne parle à personne.

La Maybach n'a fonctionné au début que parce qu'on parlait d'elle, elle n'a été qu'une mode, éphémère.

Pire bis, Mercedes sort la classe S W221 en 2005, ultra technologique, reprenant une partie du style de la Maybach, démodant presque instantanément une voiture deux à trois fois plus chère et dont la technologie et le développement remonte au milieu des années 90.

Les différentes séries spéciales, S, Zeppelin, Landaulet n'y changeront rien.

J'oserais presque ajouter un troisième pire, avec l'arrivée de la Mercedes classe S W222, en 2013, ultra technologique, posons de nouveaux jalons dans le luxe, et qui a achevé une marque Maybach aux abois. Il était devenu impossible d'afficher ce dinosaure mécanique basé sur une auto accusant 15 années et deux générations de retard sur la Classe S contemporaine. Maybach fermera ses portes la même année, bradant les derniers modèles présents dans les concessions.

La marque retirera même carrément des modèles du marché, après plusieurs années de présence en concession sans avoir trouvé preneur.

Aujourd'hui, il vous en coutera encore minimum 50000€ pour une vieille Maybach, qui semble tout de même bien vieillir, tant en finition que mécaniquement. A noter toutefois que le coût de maintenance est à l'unisson des prestations, tout comme l'assurance et la consommation.

Soit le prix d'une Classe S W222...



Cette Maybach s'offre à vous chez autobedrijf Zwamborn, pour un "tout petit prix"

Retrouvez ici tous les "Marche arrière"
olcheval le dim 7 nov 2021 à 13:55
Un revival raté en fait :D
Rod350Z le dim 7 nov 2021 à 15:08
Bel article sur cette création en avance sur son temps...en ne se cantonnant qu'au prix de l'immobilier.

Au cas où l'article déclencherait une soudaine spéculation, un petit garage nurembourgeois est à même de répondre à cette demande (vu jusque 13 modèles, en 57, 57S, 62, 62S, 62EX):



Bigx le dim 7 nov 2021 à 16:41
J'ai l'occasion d'en approcher une justement chez MTU Friedrichschafen.
Et pour l'avant ça a été exactement cette déception de déjà vu décrite. La même que j'avais eue dans une cls, copie de E alors que j'imaginais ça un cran au dessus.

L'arrière en revanche, pour un novice dans ce niveau de gamme , faisait bien envie avec le toit "planatarium" si je me souviens bien.
Xtr2 le dim 7 nov 2021 à 17:05
Sacré véhicule malgré tout :good: La folie les 13 Maybach à Nuremberg :oh: :D

@Rod350Z > c'est pas toi qui avais photographié une Maybach Zeppelin ds8 sur autoroute il y a qq années ? J'ai souvenir de ça :idee:
caraddict le dim 7 nov 2021 à 17:06
Je me rappelais plus des manos au plafond :oh: Un beau bide en partie mérité, mais oui ça a l'air d'être un sacré engin tout de même :good:
jujuleterrible le dim 7 nov 2021 à 17:21
C'était la dessus qu'il y avait un toit en verre avec opacité réglable il me semble :?:

;)

J'aime bien les panzer, même si je me souviens pas en avoir croisé une IRL
aviator56 le dim 7 nov 2021 à 17:32
J'aime bien l'arriere sobre.

J'ai du en croiser une en 62, le gabarit était impressionnant (idem la Phantom d'ailleurs). Je métais fait la réfléxion à l'époque sur que achete ce modèle par rapport à une Rolls ou Bentley
Avantime75 le dim 7 nov 2021 à 17:35
Sacrée voiture ! J'aimais beaucoup son côté baroque !
christophe_aut le lun 8 nov 2021 à 01:24
Sacré panzer et 60k quand même.

Chez ce pro je préfère leur S600L. :love:

Dernière édition le 08/11/2021 à 01:24 par christophe_aut, édité 1 fois
Rod350Z le lun 8 nov 2021 à 09:20
@Xtr2 < Une DS8 Zeppelin, je ne saurais te dire, mais sur autobahn, y'avait celles-ci ;)

(Octobre 2008)



(Septembre 2010)
anhamper le lun 8 nov 2021 à 09:23
Avec le sopalin pour nettoyer la banquette arrière.
mbfan94 le lun 8 nov 2021 à 09:25
Mercedes n'avait pas travaillé sur un v16 pour motoriser cette maybach?
Rod350Z le lun 8 nov 2021 à 09:34
La vision6 ?

Rod350Z le lun 8 nov 2021 à 09:43
Ou plutôt, l'Exelero:








Dernière édition le 08/11/2021 à 11:46 par Rod350Z, édité 3 fois
mbfan94 le lun 8 nov 2021 à 10:00
L'exellero c'etait le v12 poussé a +700cv
Xtr2 le lun 8 nov 2021 à 10:25
@Rod350Z > oui c'est la 2eme dont je me souviens :good: c'est une SW2 de 1957 en fait. Extraordinaire d'en voir une :love:
Rod350Z le lun 8 nov 2021 à 11:54
@mbfan94 < Ce site allemand parle de la Maybach Exelero 10.2 V16 Quadturbo 4matic mit 3140 PS:

https://nast-sonderfahrzeuge.de/exotenforum2/forum/index.php?mode=thread&id=146417 (Maybach Exelero 10.2 V16 Quadturbo 4matic mit 3140 PS - Das Nast MB-EXOTENFORUM) :




@xtr2 < Je me trouvais au Nord de Stuttgart, donc petit bonus niveau chance. ;)
mbfan94 le lun 8 nov 2021 à 11:55
Ah je ne connaissais pas cette version :good:
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