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Bentley
weber-dc40 le mer 5 janv à 08:51


https://www.topgear.com/car-reviews/bentley/continental-r (Bentley Continental R Review 2022 | Top Gear)
christophe_aut le mer 5 janv à 10:28
J'aimerais trop faire rouler ça en daily... :love:
jujuleterrible le mer 5 janv à 12:59
La classe :love:
F7R le mer 5 janv à 14:57
:love:
Avantime75 le mer 5 janv à 15:04
😍
flambeur54 le mer 5 janv à 16:23
Thierry123 le mer 5 janv à 16:34
Ça ne me fait pas trop rêver ces modèles là… :/
Dernière édition le 05/01/2022 à 16:35 par Thierry123, édité 1 fois
Bonbonmaster le sam 15 janv à 13:25
Bentley Thunderbolt

lesbellesauto le jeu 27 janv à 22:48
Bonsoir à tous ;)

Autoworld janvier 2022

....

;) ;)
I'll-be-back le jeu 24 mars à 21:58
Andorre-le-vieille, 2022/03

turbo1980 le jeu 24 mars à 22:00
Rien à sauver bien joué :good: :D
I'll-be-back le jeu 24 mars à 22:34
Plaît-il ?
turbo1980 le jeu 24 mars à 22:37
La config de merde ;)
I'll-be-back le jeu 24 mars à 22:44
Ah... Je garde quand même sa montre...:)
lesbellesauto le lun 18 avril à 22:22
Bonsoir à tous ;)

Dimanche sous le soleil de Paris ;)

Bentley deux écoles niveaux styles



;) ;)
lesbellesauto le lun 9 mai à 18:37
Bonjour à tous ;)

Retromobile 2022 :love:



Stand Artcurial





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1960 Bentley Continental S2 Flying Spur par H.J. Mulliner - 1960

Vendu 202 640 €


Titre de circulation hollandais
Châssis n° BC92LAR
Carrosserie HJ Mulliner n° 6278
Carrosserie Chapron n°6799




- Livrée neuve à SAS Le Prince Varanand de Siam
- Conduite à gauche, toit ouvrant et vitres électriques d'origine
- 4 propriétaires seulement en 62 ans !

Continental : un nom qui fait rêver et transforme une Bentley en automobile d'exception. Il apparaît en 1952 sur le coupé Continental R. Pour répondre aux Anglais fortunés et amateurs de grand tourisme sur le continent, cette voiture de grande classe offre des prestations exceptionnelles où se mêlent confort et capacité de couvrir à grande vitesse les longues nationales françaises. On a fait la chasse aux kilos superflus tout en modifiant discrètement la mécanique et en dessinant une carrosserie plus basse, mieux profilée que la R normale et dont l'arrière " fastback " apporte une touche aussi sportive qu'élégante. Non seulement la Continental devient alors le coupé quatre places le plus rapide du monde, atteignant la fameuse barre des 120 mph (190 km/h), mais elle détient aussi le record du prix de vente : à 7 800 000 francs, elle vaut huit DS Citroën ! L'apparition en 1955 de la Bentley Type S s'accompagne quelques mois plus tard de la déclinaison Continental, dans la lignée du coupé R. Mais cette fois, les carrossiers s'intéressent aussi à une carrosserie de "berline sportive", ce qui amène H.J Mulliner à présenter en 1957 sa Flying Spur. C'est une indiscutable réussite esthétique : plus basse que la berline "normale", mieux profilée, la ligne parvient à faire oublier le gabarit imposant de cette élégante et sobre automobile. L'aménagement intérieur n'est évidemment pas en reste et les occupants sont l'objet de toutes les attentions, entourés exclusivement de matériaux nobles comme le bois et le cuir. Quant à l'appellation Flying Spur, littéralement " Eperon volant ", elle viendrait des armoiries de la famille Johnstone dont un membre dirigeait l'entreprise Mulliner. Deux ans plus tard, Bentley présente la S2 qui, pour la première fois, abandonne son six cylindres au profit d'un V8 de 6 230 cm3. Les 200 ch de cette nouvelle mécanique accommodent particulièrement bien la version Flying Spur et lui permettent d'atteindre à son tour 190 km/h. Plus belle et plus performante que la version de série, la Flying Spur est aussi beaucoup plus rare, n'ayant été produite qu'en série limitée. Son importance dans l'histoire de Bentley n'a d'ailleurs pas échappé au constructeur, qui a baptisé du même nom la berline Continental Flying Spur qui, en 2005, lançait un nouveau style.

Cette Continental Flying Spur est un des 54 exemplaires construit en conduite à gauche et certainement moins de 10 avec le toit ouvrant et les vitres électriques d'origine. De plus, son premier propriétaire n'est autre que Son Altesse Sérénissime le Prince de Siam qui l'acheta pour son bon usage dans sa résidence suisse. Elle y fut immatriculée 'NV1' en juillet 1960. Sa livrée d'origine, carrosserie de couleur bleu clair métallisé, intérieur en cuir 'Scarlett Red', est une particularité de cette Flying Spur, ce qui en fait un modèle unique dans cette configuration et avec ses options. En 1969, elle passe entre les mains d'un membre de son gouvernement et est immatriculée, toujours en Suisse, sous le numéro 'B01'. En 1987, elle est acquise par un allemand de Krefeld qui la conservera jusqu'en 2005, date à laquelle l'actuel propriétaire en prend possession. Elle bénéficie alors d'une restauration partielle, lui permettant de rouler dans les meilleures conditions. C'est en 2017 et 2018 que les plus gros travaux sont entrepris avec restauration complète de la voiture, les cuirs refait en cuir Connoly rouge, les ébénisteries conservées mais retraitées et revernies, le circuit électrique refait et le moteur profondément révisé. L'ensemble des factures figurent dans l'important dossier accompagnant la voiture ; sont présents la copie du Bentley Build Sheet et l'original carnet du propriétaire. Cette Bentley possède son moteur d'origine, elle est donc matching numbers et matching colors. Ses options et sa combinaison de couleurs en font un modèle unique, sans parler de son historique véritablement exceptionnel avec 4 propriétaires seulement en 62 ans !

Descriptif : Catalogue Artcurial : https://www.artcurial.com/fr/lot-1960-bentley-continental-s2-flying-spur-par-hj-mulliner-4134-185 (Rétromobile 2022 by Artcurial Motorcars | Vente n°4134 | Lot n°185 | Artcurial)

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Bentley Continental S2 cabriolet Park Ward - 1961 -

Vendu 220 520 €


Titre de circulation luxembourgeois
Châssis n° BC 57 LCZ




- Un des 61 exemplaires livré en conduite à gauche
- Travaux important chez P&A Wood
- Modèle rare et d'une grande élégance

Ce prestigieux cabriolet Continental S2 par Park Ward possède un historique clair, il a passé une grande partie de sa vie en Floride comme voiture d'agrément l'été. Il fut livré en Novembre 1961 à son premier propriétaire. Ce dernier mis la voiture en vente en 1969 chez Taylor, le concessionnaire de Palm Beach qui la vendit à M.Currie. Une annonce de vente passée par le fils de M. Currie en 2000 dans le journal Flying Lady nous apprend que la voiture était restée dans la résidence secondaire de la famille, en Floride, depuis son achat, et qu'elle n'avait jamais roulé en hiver, elle affichait alors 69 000 miles. Une restauration de la carrosserie de l'intérieur et de la capote ayant été effectuée entre 1984 et 1986. Elle fut dans les années 2000 ramenée en Europe et fut la propriété d'un collectionneur belge qui l'utilisait dans sa résidence bordelaise.
Dans sa belle teinte noire avec son intérieur Magnolia notre collectionneur parisien ne pouvait pas rester insensible à ce cabriolet et s'en porta acquéreur en 2011. Etant particulièrement exigeant sur l'état de ses voitures, la Bentley fut envoyée chez le spécialiste P&A Wood afin qu'elle fonctionne de façon impeccable. Ainsi en Mars 2012, alors que la voiture affichait 70 812 miles, une importante révision fut effectuée nécessitant plus de 200 heures de travail. La capote beige fut refaite en 2012 afin de présenter une étanchéité optimale. Les carburateurs, le circuit de freinage, de refroidissement et beaucoup d'autres éléments furent révisés. Entre 2012 et 2013 ce n'est pas moins de 50 000 livres sterling qui furent dépensées chez P&A Wood pour que la voiture arrive au niveau d'exigence de notre collectionneur parisien. Depuis ces travaux, ce dernier n'a eu que peu l'occasion de profiter de la voiture, qui affiche moins de 72 000 miles au compteur.
Ce modèle particulièrement rare et raffiné surprend tout passager par la douceur à son bord et ses qualités routières. Rarissime avec une production limitée à 61 exemplaires ce cabriolet est une voiture de collection exclusive pour amateur averti.

Descriptif : Catalogue Artcurial : https://www.artcurial.com/fr/lot-1961-bentley-continental-s2-cabriolet-park-ward-4134-159 (Rétromobile 2022 by Artcurial Motorcars | Vente n°4134 | Lot n°159 | Artcurial)

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Bentley S3 Continental Coupé par H.J. Mulliner Park Ward Ltd - 1963 -

Vendu 184 760 €


Titre de circulation hollandais
Châssis n° BC86LXA




- Voiture du Salon de New York 1963
- Livrée neuve à un milliardaire américain connu
- Toujours très bien entretenue, très bel état d'origine
- Grande élégance du modèle

En 1962 débuta la production de la Bentley S3 Continental, toujours mue par le huit cylindres de 6 230 cm3 de la marque, déjà en place sur la S2, et remplaçant avantageusement le six cylindres en ligne de 4 887 cm3 en place sur la première Continental. La production de la S3 Continental s'acheva en 1965, après 312 exemplaires sortis de l'usine de Crewe. Les Continental n'étaient livrées qu'avec des carrosseries spéciales. La réalisation du carrossier Park Ward se caractérisait par une continuité de ligne entre les ailes avant et les ailes arrière et par des feux avant à entourages inclinés, ainsi surnommée 'Chinese Eyes'.

Cette superbe Bentley carrosserie HJ Mulliner Park Ward est exposée sur le Stand de la marque au Salon de New York en 1963. Elle fut livrée juste après par l'importateur américain J.S. Inskip à Mr. Gérald Cantor. Célèbre aux Etats-Unis et dans le monde de l'art, il a commencé comme vendeur de hot-dogs dans son université et a créé le système de courtage sur écran à Wall Street. Devenu multimilliardaire, il est considéré comme étant le plus grand collectionneur de sculptures de Rodin. Cette Bentley était donc destinée à sa résidence de Beverly Hills, un quasi-château néo-classique à l'américaine. Il l'utilisa avec parcimonie et la conserva toute sa vie. Plusieurs options sont présentes comme les vitres électriques, les vitrages Sundym, l'antenne électrique, une plaque 'Made in England' et des pneus à flancs blanc. Sa combinaison de couleur n'a pas changé : bi-teinte gris clair et gris foncé pour le toit, intérieur en cuir noir. Au décès de cet illustre propriétaire en 1996, la voiture se retrouve chez le célèbre spécialiste de la marque Vantage Motorworks à Miami avant de traverser l'Atlantique en 2014, acquise par un marchand hollandais et revendue au plus grand collectionneur koweitien. Dès son acquisition, l'actuel propriétaire l'envoie chez l'excellent Fernandez à Bruxelles pour lui redonner le panache de sa sortie d'usine. C'est un exemplaire remarquable d'élégance et dans un très bel état d'origine avec seulement 69 100 miles d'origine. Son moteur tourne silencieusement, comme il se doit dans une Bentley de cette qualité.
Ces Bentley coupé représentent le summum de ce qui se faisait à l'époque et, voyager avec aujourd'hui, offre un plaisir incomparable grâce à une souplesse et une douceur d'utilisation, au sein d'un habitacle d'un luxe absolu.

Descriptif : Catalogue Artcurial https://www.artcurial.com/fr/lot-1963-bentley-s3-continental-coupe-par-hj-mulliner-park-ward-ltd-4134-210 (Rétromobile 2022 by Artcurial Motorcars | Vente n°4134 | Lot n°210 | Artcurial)

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Bentley Eight 1986

Vendu 21 456 €


Carte grise française
Châssis n° SCBZS8008GCX15068




- Même propriétaire depuis 2000
- Moins de 58 000 km au compteur
- Rapport prix/prestations inégalable
- Sans réserve

Produite à seulement 1 736 exemplaires de 1984 à 1992, la Bentley Eight fut conçue dans une stratégie de consolidation du succès de la Mulsanne Turbo en conservant les mêmes atouts. La voiture présentée fut mise en circulation le 24 septembre 1986 et elle fut acquise en 2000 par son actuel propriétaire, un homme d'affaire parisien, auprès de l'une de ses amies italiennes. Soigneusement utilisée depuis plus de 21 ans par son chauffeur, cette véritable voiture de maître se trouve dans très bel état de conservation. Sa belle robe bleu ciel est associée à son séduisant intérieur composé : d'une sellerie en cuir Connolly couleur magnolia, de moquettes beiges épaisses et d'une planche de bord en ronce de noyer. Avec moins de 58 000 km au compteur, cette " Eight " a été utilisé avec parcimonie ce qui explique son état de fraicheur aujourd'hui. Elle dispose toujours de son cric d'origine, de son téléphone dans l'accoudoir avant, de son dossier de suivi ainsi que de ses manuels. Elle fut régulièrement entretenue chez le spécialiste Jackie Jaguar en région parisienne. Son 8 cylindres en V associé à une boîte de vitesses automatique garantissent confort et silence d'utilisation, chers à la marque Bentley. Cette Bentley offre une alternative aux véhicules modernes particulièrement alléchante, offrant des prestations de haut vol, et un plaisir inégalable.

Descriptif : Catalogue Artcurial : https://www.artcurial.com/fr/lot-1986-bentley-eight-no-reserve-4134-189#popin-active (Rétromobile 2022 by Artcurial Motorcars | Vente n°4134 | Lot n°189 | Artcurial)

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Bentley Eight : du Connolly pour les prolétaires

Par CarJager 3 juin 2020


https://www.carjager.com/blog/article/bentley-eight-du-connolly-pour-les-proletaires.html (Bentley Eight : du Connolly pour les prolétaires)

La meilleure voiture du monde — c’est son constructeur qui l’affirme — ne saurait être accessible au commun des mortels. La démocratisation du luxe n’a guère de sens : par définition, un luxe qui se généralise n’en est plus un. Et, de nos jours, un examen des grilles tarifaires Bentley ou Rolls-Royce suffit pour se rassurer : les berlines, coupés et cabriolets germano-britanniques demeurent très largement hors de portée de la plupart d’entre nous. Toutefois, comme on va le voir, il n’en a pas toujours été ainsi…

L’affaire remonte au mois de juillet 1984. À cette époque, R-R et Bentley faisaient encore cause et usine communes : à quelques exceptions près, les modèles commercialisés sous chacune des deux marques étaient globalement identiques ; seuls les différenciaient les calandres, les logos et les prix de vente, traditionnellement moins élevés chez Bentley. Cette situation, qui durait depuis 1965, avait progressivement marginalisé l’ex-vainqueur des 24 Heures du Mans, dont l’identité semblait désormais s’apparenter à celle d’une sous-marque n’attirant plus que quelques snobs considérant sans doute que les Rolls-Royce étaient décidément trop ostentatoires. Et il est vrai que la carrosserie commune aux Silver Spirit, Silver Spur et Mulsanne, apparue en 1980, n’était pas particulièrement bouleversante : enlevez-lui ses emblèmes et son accastillage, elle n’attirera pas plus l’attention qu’une Toyota Camry. Due aux stylistes maison, sous la supervision de Fritz Feller, elle avait choisi de se réfugier dans un classicisme soporifique et dépourvu d’imagination, aussi peu suggestif que possible.
Deux ans auparavant, un timide renouveau s’était cependant manifesté, sous la forme d’une très inattendue Mulsanne Turbo. Pour la première fois, le V8 apparu en 1959 bénéficiait d’une suralimentation probablement tout autant destinée à redynamiser l’image de Bentley (qui conserva longtemps l’exclusivité du turbocompresseur) qu’à faire taire les mauvaises langues, celles-ci n’hésitant pas à faire remarquer que la Mercedes-Benz 500 SEL offrait alors des prestations routières très supérieures à celles de leurs concurrentes anglaises, pour environ la moitié de leur prix… Bien entendu, la modernité a ses limites et, tout comme une vulgaire Renault 5 GT Turbo, la Mulsanne se permettait encore de faire l’impasse sur l’injection, ce qui n’empêcha pas André Costa, dans les colonnes de l’Auto-Journal, de saluer comme il se devait la très sensible progression des performances ainsi obtenues.
Manifestement décidée à faire feu de tout bois, la direction de l’entreprise n’en resta pourtant pas là et, à la surprise générale, dévoila donc, il y a exactement trente-six ans, un modèle dont la philosophie ressemblait furieusement à un très singulier accident de l’histoire : nous avons nommé la Eight ! Se pencher sur les caractéristiques de l’objet — ainsi d’ailleurs que sur la façon dont son constructeur l’a présenté à l’époque — vaut son pesant de livres sterling. La Eight était en effet censée jouer le rôle de Bentley « accessible ». Aussitôt, les propriétaires de Renault 30 ou d’Opel Commodore dressèrent l’oreille : allaient-ils enfin pouvoir parachever leur laborieuse progression sur l’échelle sociale en accédant au véritable prestige, au luxe ratifié par une tradition déjà quasi octogénaire, au fantasme absolu que représentait alors la possession d’une (quasi) Rolls ? Las ! Les petits bourgeois en furent pour leurs frais. La Eight était, certes, moins onéreuse qu’une Mulsanne — à laquelle elle ressemblait comme une Seat Fura à une Fiat 127 — mais, à l’automne de 1986, elle coûtait quand même 687 600 francs, soit, en valeur constante, près de 184 000 euros de 2020… Cela représentait néanmoins une baisse de tarif d’environ 15 % par rapport à la Mulsanne.

Tout fout le camp, Gontran

Dans ces conditions, on pouvait se demander comment Bentley était parvenu à cet impressionnant résultat. Le cuir avait-il cédé sa place à ce mélange entre skaï et drap qu’ont bien connu les propriétaires de Peugeot 504 ? La planche de bord et les contreportes avaient-elles récupéré des chutes de faux bois en provenance de la British Leyland ? Les miroirs de courtoisie avaient-ils été supprimés ? La moquette Wilton avait-elle été supplantée par des tapis en caoutchouc ? Que non pas. La liste des équipements de série n’avait qu’un lointain rapport avec celle d’une Citroën Visa Spécial et l’opulence propre aux productions de la firme s’avérait bien présente. Certes, on trouvait des boiseries moins prestigieuses en lieu et place de la ronce de noyer traditionnelle, tandis que la calandre renonçait au design habituel au profit d’un grillage destiné à adresser un sympathique clin d’œil aux Bentley Blower des années 1920. Dans le même esprit, la suspension présentait des réglages plus fermes, censés inviter les heureux propriétaires à une conduite sportive (mais si !). Le cuir Connolly, pour sa part, pouvait théoriquement céder la place à un intérieur en tissu, mais les exemplaires ainsi dotés furent rarissimes. En tout état de cause, l’atmosphère du bord demeurait tout à fait unique sur le marché et passer d’une Mulsanne à une Eight ne participait pas d’une quelconque déchéance. Nous vous épargnerons les sempiternels couplets sur le silence de fonctionnement ou sur le nombre de bovidés sacrifiés pour réaliser les garnitures de l’habitacle, vous les avez déjà lus un bon millier de fois. Aujourd’hui encore, voyager à bord de cette auto demeure une expérience sensorielle tout à fait fascinante et permet de vérifier, une fois encore, que le luxe véritable ne se mesure pas à l’aune du nombre d’équipements ou de gadgets (la fourniture de série ferait sourire un propriétaire de Skoda Superb) mais à la capacité d’élaborer un climat, peut-être même de perpétuer un art de vivre. Il est pour autant permis de s’interroger quant à la viabilité commerciale de l’opération, l’écart tarifaire entre la Eight et la Mulsanne n’étant que très partiellement compensé par les différences en termes d’équipements. C’est sans doute à cet égard que l’auto s’avère la plus intéressante aux yeux de l’historien : pour la seule et unique fois sans doute, Bentley aura sacrifié une partie de son bénéfice dans le but d’offrir un produit d’appel !

Parvenus de tous les pays, unissez-vous

« Quand on arrive en ville, tout le monde change de calandre », aurait pu chanter Daniel Balavoine. Jusqu’où les complexes d’infériorité vont-ils se blottir ? Nombreux furent les propriétaires de Eight à faire discrètement remplacer la calandre de leur auto, jugée trop roturière, par celle des Mulsanne. Une mesquinerie aisément réparable par les amateurs d’aujourd’hui, s’ils se montrent dignes de leur voiture laquelle mérite mieux que ces simagrées pour nouveaux riches. D’autant plus que la Eight, qui a connu un certain succès jusqu’en 1992, s’est progressivement rapprochée des autres modèles de la gamme, ce qui a sans doute conduit à son abandon.

Il n’est certes pas facile de s’y retrouver dans le maquis des innombrables appellations ayant marqué la carrière de la série « SZ ». Dans ce fatras lexical en grande partie dû à la perpétuation, au-delà du raisonnable, d’une voiture dépassée, la Eight n’aura finalement existé que peu de temps. Produite à un peu plus de 1 700 exemplaires au total, elle représente une opportunité attrayante pour qui ne se soucie guère de performances ; bien entendu, la maintenance s’avère plus complexe et plus onéreuse que celle de la Mercedes susnommée. En particulier, l’état de la suspension doit retenir votre attention, sa réfection étant particulièrement coûteuse. De son côté — refrain connu —, le V8 se révèle fiable à condition d’avoir été entretenu correctement et il en va de même pour la transmission. D’une manière générale, il est préférable d’éviter les voitures réimportées depuis les États-Unis : comme l’affirme très justement Marc Sauzeau, l’un des meilleurs spécialistes de la marque en France, « en Amérique, une Rolls-Royce ou une Bentley est aussi bien entretenue qu’une Chevrolet, et une Chevrolet y est aussi bien entretenue qu’un réfrigérateur… »

Par une délicieuse ironie du sort, une Eight en bon état coûte aujourd’hui moins cher qu’une Dacia Duster Prestige neuve. Cela nous rappelle quelques lignes bien senties du célèbre designer Bruno Sacco au sujet des gens dont la formation en matière de goût… enfin, bref, vous nous avez compris !

Texte : Nicolas Fourny

https://www.youtube.com/watch?v=6wWJpnYrq2k
YouTube 5:27
Bentley Eight (1986)


;) ;)
I'll-be-back le dim 22 mai à 22:44
Bonsoir.
Vue à Marseillan (34)
Photos : I'll be back, 2022/05



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