Marche arrière : La Audi V8 "D1" - Auto titre
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Marche arrière : La Audi V8 "D1"
Autotitre le dim 5 mars 2017 à 12:51

Le commencement.
Par Arnaud A. pour Autotitre.com

1972. Le mégalomane futur patron de Volkswagen est nommé responsable du département R&D technique d'Audi. A ce poste, il arrive facilement à convaincre les patrons d'alors que la marque doit frapper un grand coup pour asseoir la position de ténor du haut de gamme qu'ils sont en train de construire.

Ferdinand Piëch sera exaucé. Mieux, il sera élu président du directoire d'Audi AG l'année de l’avènement.



La décision de lancer une berline de luxe est prise très tôt, mais Audi n'est pas né de la dernière pluie. Il faut à la marque quelque chose que la concurrence ne propose pas. Pour ce faire, toutes les forces vives sont lancées dans le projet Quattro. Avec la compétition en fil rouge et comme important support médiatique.

La transmission Quattro maîtrisée, décision est prise de lancer la production d'une Audi 300.



Mais Piëch n'est pas né de la dernière pluie. Et l'argent abonde. Lorsque la production d'une super berline est prise, dans le milieu des années 80, le projet D2 est lancé en parallèle. Clairement, la V8 ne sert que de tremplin pour la Audi A8. Mais c'est une autre histoire.

Du coup, on se retrouve avec un bâtard.

Pour la base, la plateforme C3 de chez Volkswagen est reprise.

On se retrouve donc avec une base technique d'Audi 200, et une coque d'Audi 100 remaniée.



Physiquement, cela se traduit par un avant spécifique, avec une calandre attachée au capot, et une malle arrière plus carrée et équipée de blocs optiques larges. Mention spéciale aux superbes jantes nid d'abeille très années 80. Optionnelles bien entendu.

Mais on est loin d'une Audi au rabais. A la base, elle devait recevoir un 5 cylindres maison. Jusqu’à ce que Piëch apprenne que BMW mettait au point un V12, et que Mercedes s’apprêtait à faire de même.

Qui dit Audi 200 dit moteur en porte à faux avant. La légende veut que Piëch fixera le cahier des charges pour un V8 après avoir essayé une Mercedes W126 équipée du nouveau V8 de 5.5, fer de lance de la marque aux Etats Unis.

Le cahier des charges est simple. Légèreté, compacité, 250 chevaux minimum.

On assiste à la naissance du V8 Audi qui fera les beaux jours de toute la gamme jusque tard dans les années 2000. Il est constitué de deux blocs 1.8 4 cylindres VW, bloc alu, traitement des fûts spécifique, culasse à 4 soupapes par cylindre, carter et pompe à huile spécifique, permettant d"éviter le déjaugeage.



Ça ne donnera clairement pas le meilleur V8 de l'époque, du moins pas le plus souple, celui ci étant assez pointu. 250 chevaux à presque 6000 tours, et "seulement" 340Nm à 4000 tours. Le constructeur ne disposant pas de boîte automatique à accoler à un V8, ZF sera mis à contribution. Une unité de commande à sélection de rapports électro-hydraulique sera choisie. Elle dispose de 4 rapports. Bien entendu, l'auto dispose de la transmission Quattro.

Comme la boîte n'était pas prévue pour, Audi a accolé son différentiel central à la boîte, avec un arbre latéral allant vers le différentiel avant. On est sur une répartition classique 50/50 avec détection de patinage d'un essieu à l'autre via les capteurs ABS. L'ensemble est d'une rapidité surprenante pour l'époque, puisqu'on parle de 400 millisecondes de temps de réaction maximum.

Les freins sont à disques à étrier intérieur ATE, permettant de diminuer la température de fonctionnement. Toujours utile sur une voiture flirtant avec les 2 tonnes.

La transmission ne permettra pas à la V8 d'afficher des performances incroyables. La vitesse de pointe est de 235km/h, les accélérations sont tout juste acceptables. Le 1000m passe tout juste sous les 30 secondes, tandis que le 0-100 nécessite presque 10 secondes.

La Maestria est ailleurs. Le travail sur les liaisons au sol est plutôt classique, avec du McPherson à l'avant, un système anti plongée, toujours utile quand on a un V8 en porte à faux avant, et une grosse barre antiroulis.

A l'arrière, c'est plus sophistiqué, avec des bras trapézoïdaux, jambe de force, et grosse barre anti roulis.

Face aux série 7 et Classe S, bien plus performantes, la V8 offre un comportement exceptionnel de sérénité.

L'adhérence est bluffante, et le comportement est royal dès que les conditions se dégradent. On ne bénéficie pas d'une puissance décoiffante, mais on peut se servir n'importe quand des 250 chevaux. Enfin presque.

Le comportement est encore trop typé traction, avec une forte tendance à sous virer. Faut pas penser attaquer sur une route de montagne.

Encore une fois, cette voiture écrase littéralement la concurrence lorsqu'il s'agit de rouler vite sur le réseau autoroutier de l'époque, et sur les autoroutes allemandes pas forcément aussi lisse que du billard.

A l'intérieur, on bénéficie d'une finition absolument parfaite. Ce n'est ni original, ni chaud. C'est austère, classique, massif.



Mais surtout, c'est gorgé de cuir de qualité, de bois précieux, et d'équipements up to date pour l'époque. Et presque tout était de série, il faut le souligner. Sièges en cuir à mémoire, climatisation automatique, ordinateur de bord avec check contrôle, lave-phares, ainsi que la technologie Procon Ten. Un système qu'Audi plébiscitait afin de se passer des airbags. Compliqué, lourd, il reliait la colonne de direction, les ceintures, et le moteur via des cables en acier et des poulies de renvoi. Une usine à gaz qui permettait au conducteur d'éviter de se faire écraser les jambes par la colonne de direction en cas d'accident.

L'auto sera clairement un échec commercial malgré ses qualités et ses évolutions pendant sa courte carrière. Moins de 22.000 exemplaires écoulés, moins de 300 exemplaires pour la version limousine.

Un échec commercial, certes, mais calculé.

Cette Audi V8 marque un tournant incroyable dans la courte histoire de la marque aux anneaux. Elle est la pièce maîtresse du passage d'Audi dans la cour des grands.

En acheter une aujourd'hui, c'est possible.

Il faut surveiller deux ou trois choses, comme le passage de la marche arrière si la voiture est équipée de la boîte ZF. Le convertisseur peut montrer des signes de faiblesse. Les entretiens sont à faire relativement régulièrement, tous les 10.000 kms. Les afficheurs LCD sont capricieux, mais on trouve toujours quelqu'un capable de les refaire pour une petite poignée d'€.

Le point noir de cette voiture relativement fiable, ce sont les pièces détachées, qui sont clairement affichées à des tarifs prohibitifs dans le réseau.

Aujourd'hui, il n'y a pas vraiment de cote pour ce modèle.

Ce qui est certain, c'est qu'un jour elle gagnera les galons qu'elle n'a jamais vraiment eu. Cette voiture a été un échec commercial, mais la presse était quasi unanime sur ses qualités.

Demandez aux constructeurs du monde entier si il est simple de s'attaquer aux ténors du luxe que sont BMW et Mercedes, encore plus à la sortie des années 80. Ils sont nombreux à avoir essayé, et peu a avoir réussi.

Audi l'a fait.

Acheter une V8 aujourd'hui, c'est acheter la cellule souche de l'Audi d'aujourd'hui, l'ADN de la marque. Un savoir faire qui n'est plus à prouver, une finition au dessus de tout soupçon, un ennui routier pas inintéressant.

Et puis, sans déconner. A la question "c'est quoi ta voiture", répondre "une Audi V8", c'est pas la classe?



La voiture est toujours disponible chez Gem Classic Cars.
Dernière édition le 05/03/2017 à 20:27 par carpe.diem, édité 2 fois
maxime56 le dim 5 mars 2017 à 12:56
Sympa l'article.
Je kiffais ces Audi V8 quand j'étais môme.
Dernière édition le 05/03/2017 à 12:56 par maxime56, édité 1 fois
I'll-be-back le dim 5 mars 2017 à 12:59
En effet. Deutsche qualität !...:good:
SuperZank le dim 5 mars 2017 à 13:05
Interessant ce point de vue de l'origine de la marque, Audi étant le seul cas de passage d'un constructeur généraliste à premium.

elle gagnera les gallons
à moins d'un jeu de mot avec la consommation (:D) , c'est des galons
Rod350Z le dim 5 mars 2017 à 13:15
Chouette article, bien que pas fan des grosses limos: pas un succès mais visible un peu partout (pas qu'en Bavière, même dans les Hauts de France), encore aujourd'hui

Sinon, le cuir était la sellerie d'origine parce que la plupart des V8 aperçues en teutonie, étaient tapissées de velours, comme celle d'Ofenwerk:







Ou comme d'autre HDG de la même époque.:

Dernière édition le 05/03/2017 à 13:15 par Rod350Z, édité 1 fois
Turbo1980 le dim 5 mars 2017 à 14:30
Sympa :good:
caraddict le dim 5 mars 2017 à 16:22
On en croise pas souvent quand même :good:
reminator le dim 5 mars 2017 à 20:25
Symp je connaissais pas le procon ten !
SuperZank le dim 5 mars 2017 à 20:37
les inconnus en ont même fait une parodie
jojozuf le dim 5 mars 2017 à 20:55
La courte histoire de la marque aux anneaux, quesqu'on peut lire comme bêtises des fois .
La marque au anneaux existe depuis longtemps sous le nom de auto union .

La typ D était une flèche d'argent en compétition à l'égal de Mercedes .


https://fr.wikipedia.org/wiki/Auto_Union_Type_D (Auto Union Type D — Wikipédia)

August Horch a fondé Audi en 1909 qui est devenu après des fusions auto union .

En 1964 la marque retrouvera son nom original après le rachat par VW .
carpe.diem le dim 5 mars 2017 à 20:58
Comme on a pu le lire dans d'anciens "marche arriere" ;)
also01 le dim 5 mars 2017 à 21:37
un reve en tant que gamin...:love: elle avait deja ce classicisme...attirant...
fujiyama le dim 5 mars 2017 à 21:57
Mon pôpa avait eu une 200 Turbal 5 pattes. Avec les phares carrés.
Prêtée à l'occaz à son beginner de routier de fils.

C'est elle selon moi le début d'Audi dans le HDG.

Whartonjelly le dim 5 mars 2017 à 22:41
Nan c'est a partir de la 100 C4, d'ailleurs premiere A6, chere a entretenir, contruit comme un tank, V6 2.8, quattro et BVA 4 (de merde) mais BVA.

Avant c'etait quand meme de la grosse fuego des familles
fujiyama le dim 5 mars 2017 à 23:17
La traction la plus puissante du monde quand même à l'époque (175 cv).

Avec un essieu rigide à l'arrière, certes :D
EenSayn le lun 6 mars 2017 à 09:03
Merci pour l'article, je ne connaissais pas du tout le modèle :good:
Aviator56 le lun 6 mars 2017 à 12:11
L'avant fait très Audi 100 de 1991. Sympa l'histoire de la marque.
mmz le mer 8 mars 2017 à 16:20
Bel article, mais vous parlez uniquement de la version 3.6 de 250 chevaux commercialisée dès 1988. Or dès 1992, un nouveau V8 4.2 autrement plus performant (280 chevaux à 5'800trs/mn et 400 Nm) rejoint le gamme, il s'agissait d'un tout nouveau bloc, et non plus du mariage de deux blocs de Golf GTI 16V utilisés pour donner naissance à la version 3.6.

C'est d'ailleurs ce nouveau bloc 4.2 qui en plus d'équiper la V8 D1, passera tour à tour sous les capots de l'Audi 100 S4 4.2, devenue ensuite S6 4.2 lors du changement de nomenclateur (100=A6) et profitant au passage d'un régime maxi à 5'900 trs/mn pour tirer 290 chevaux, puis 300 chevaux à 6'000 trs/mn dans sa version destinée à la première A8 4.2 (D2).

Enfin, l'option airbag conducteur et passager était aussi disponible ou de série selon les pays ;)
Dernière édition le 08/03/2017 à 16:25 par mmz, édité 3 fois
jpcevol le jeu 9 mars 2017 à 06:52
Tu oublies la s6 plus :D
madmax44 le jeu 9 mars 2017 à 07:00
ça dépend toujours de ce qu'on appelle nouveau bloc. Le 4.2 reste un 3.6 réalésé + allongement de la course.
et selon encore ce qu'on entend par nouveau bloc, on peut aller plus loin dans la présence du 4.2 dans la gamme Audi.
mmz le ven 10 mars 2017 à 12:33
Le 4.2 n'est pas un 3.6 retravaillé. Le 3.6 (bloc PT) était le fruit du mariage de deux 4 cylindres volkswagen 16 soupapes de Golf GTI.
Audi a ensuite décidé de partir d'une feuille blanche pour la conception du 4.2 (bloc ABH) ;)
Dernière édition le 10/03/2017 à 12:35 par mmz, édité 2 fois
turbo1980 le jeu 13 juil 2017 à 15:28
Sa remplacante

http://boitierrouge.com/2014/04/25/audi-a8-laudi-du-renouveau/ (Audi A8: l’Audi du renouveau | Boitier Rouge)
Dernière édition le 13/07/2017 à 15:28 par turbo1980, édité 1 fois
turbo1980 le jeu 13 juil 2017 à 15:31
A eu un protocole de coupé :oh:

http://boitierrouge.com/2016/06/22/audi-a8-coupe-prudence-est-mere-de-toute-les-vertus/ (Audi A8 Coupé: prudence est mère de toute les vertus ! | Boitier Rouge)
caraddict le jeu 13 juil 2017 à 15:33
Plutôt joli le coupé :good:
weber-dc40 le jeu 13 juil 2017 à 15:35
Très joli !
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